Canadiens de Montréal: une saison imparfaite, mais un vrai pas en avant
Le Canadien n’a pas prolongé le plaisir face à Washington, mais l’essentiel est ailleurs. Avec 91 points, une qualification surprise et l’explosion de Lane Hutson, Montréal a avancé plus vite que prévu dans sa reconstruction.
La fin de parcours contre Washington n’efface pas l’essentiel: la saison 2024-25 du Canadien a changé la température autour du projet montréalais. Montréal a terminé la campagne avec une fiche de 40-31-11 et 91 points, puis a retrouvé les playoffs plus vite que plusieurs projections ne le prévoyaient. La série perdue 4-1 contre les Capitals a rappelé que l’équipe n’était pas encore complète, mais elle n’a pas annulé les progrès tangibles observés pendant six mois.
Le noyau offensif a cessé d’être théorique
Pendant longtemps, le discours sur le Canadien reposait sur l’idée d’un potentiel à venir. Cette année, ce potentiel a enfin produit des chiffres concrets. Nick Suzuki a pris encore plus de poids comme centre numéro un avec 89 points et une charge difficile dans toutes les situations. Cole Caufield a atteint le plateau des 37 buts, preuve que son tir peut devenir une base stable plutôt qu’une simple promesse de jeunesse.
Le plus marquant reste toutefois l’arrivée à pleine vitesse de Lane Hutson. Avec 66 points à sa saison recrue, le jeune défenseur a offert à Montréal ce que peu d’équipes en reconstruction trouvent rapidement: un créateur de premier plan à la ligne bleue. Sa capacité à transporter la rondelle, à changer l’angle des attaques et à tenir la première vague d’avantage numérique a transformé l’allure du club.
La série contre Washington a montré l’étape suivante
Le premier tour a été instructif. Montréal a été capable de pousser, de jouer avec émotion et de trouver quelques séquences très vivantes, mais la différence de maturité est apparue au fil des matchs. Washington a mieux fermé l’enclave, a puni les erreurs de lecture et a imposé une densité physique que le Canadien n’a pas toujours bien absorbée. C’est exactement le genre d’écart qu’une jeune équipe doit encore franchir.
La leçon ne devrait pas être l’impatience. Elle devrait plutôt porter sur les besoins précis du prochain été: ajouter du gabarit utile dans le top 9, renforcer la profondeur au centre et continuer à protéger un jeune groupe qui commence à être exposé à des matchs de très haute pression. Montréal n’a plus besoin de tout refaire. Le club doit désormais mieux cibler ce qui manque à un noyau déjà identifiable.
Les perspectives sont plus sérieuses qu’un simple “bon effort”
Le grand mérite de cette saison, c’est d’avoir déplacé les attentes. Le Canadien n’est plus seulement sympathique ou intriguant. Il entre maintenant dans la catégorie des équipes qu’on peut raisonnablement imaginer rejouer des matchs importants dès l’an prochain. Ce changement paraît subtil, mais il pèse lourd dans la construction d’une organisation.
La prudence reste nécessaire, parce que l’Est ne pardonne rien et que plusieurs jeunes devront confirmer. Mais Montréal termine cette campagne avec quelque chose de très précieux: une direction claire. Suzuki, Caufield et Hutson ne représentent plus un noyau hypothétique. Ils forment déjà une base crédible. Pour une équipe qui cherchait avant tout une preuve d’avancement, c’est probablement la meilleure nouvelle possible.
